Anaconda
Synopsis
Une équipe de tournage remonte l’Amazone à la recherche d’une tribu indigène perdue. En chemin, ils recueillent Paul Sarone, un chasseur de serpents mystérieux qui détourne secrètement l’expédition vers le territoire d’un anaconda géant. Les membres de l’équipe se retrouvent piégés entre un manipulateur dangereux et un prédateur implacable.
Analyse
Anaconda cumule à peu près tous les défauts du film de série B sans en assumer les qualités. Les effets spéciaux du serpent géant étaient probablement déjà discutables à sa sortie en 1997 : l’anaconda numérique oscille entre le jouet en caoutchouc et le screensaver d’un autre âge, rendant chaque apparition de la créature involontairement comique. Le scénario est d’une pauvreté affligeante et se résume à sa plus simple expression : un groupe de personnes sur un bateau se fait dévorer une par une, sans que le moindre développement de personnage ne vienne justifier qu’on s’intéresse à leur sort. Jon Voight surjoue à un degré tel qu’on se demande s’il a lu le script ou s’il improvisait sous l’effet de la chaleur amazonienne : son accent indéfinissable et ses grimaces constituent à eux seuls un spectacle parallèle. Jennifer Lopez et Ice Cube, quant à eux, semblent se demander ce qu’ils font là, ce qui est aussi la question du spectateur. Aucune tension ne parvient à s’installer puisque chaque scène de suspense est torpillée par des effets ratés ou des réactions absurdes des personnages. La seule qualité du film, et elle est totalement involontaire, est sa dimension nanar : certaines scènes sont si profondément ratées qu’elles en deviennent drôles, notamment le serpent qui régurgite Jon Voight en lui faisant un clin d’œil. Un film à éviter, sauf éventuellement en soirée bien arrosée où le visionnage collectif d’un désastre cinématographique possède ses propres vertus.