Docteur Folamour
Synopsis
Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d’empoisonner l’eau potable des États-Unis, lance sur l’URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d’isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des États-Unis, convoque l’état-major militaire dans la salle d’opérations du Pentagone et tente de rétablir la situation.
Analyse
Deux ans après la crise des missiles de Cuba et au commencement de la guerre du Vietnam, Docteur Folamour montre l’omniprésence d’une menace nucléaire. Archétype du militaire misogyne américain, le général Ripper ne supporte pas ses problèmes d’impuissance qu’il attribut à un empoisonnement de l’eau. Devenant complètement névrosé et paranoïaque, parlant constamment de la pollution de ses « fluides corporels », il déclenche l’attaque nucléaire par bombardiers sur l’URSS et s’enferme dans son camp militaire en demandant à ses hommes de tirer à vue quiconque se pointera. Le gouvernement américain doit faire face à une crise interne qui risque plonger le monde dans la guerre nucléaire. Depuis le fameux téléphone rouge, le président américain tente d’expliquer la situation à son homologue soviétique et éviter ainsi la riposte russe. D’un autre côté, les généraux américains conseillent d’en profiter pour détruire les soviétiques. Malheureusement, ces derniers ont conçu un programme de riposte automatique impossible à désamorcer. Le film se termine sur le discours du docteur Folamour, ancien nazi, qui convainc l’État Major de construire des abris souterrains et de reconstituer une nouvelle société idéale. Pour l’aboutissement du projet, il est indispensable de sélectionner les meilleurs hommes et les meilleures femmes sur des critères bien subjectifs ainsi que d’autoriser la polygamie comme un mal nécessaire ce qui n’a pour effet que de renforcer l’intérêt des généraux. Au terme de la discussion, le docteur Folamour se met en « érection » en se relevant de sa chaise roulante et ne pouvant pas s’empêcher de faire un salut nazi. En somme, ce film est une vaste blague tournant en dérision l’être humain (le cow-boy américain), la guerre nucléaire et son caractère autodestructif ainsi que les rapports américano-soviétiques : on découvre deux hommes très cordiaux et amicaux (ils s’appellent par leur prénom) lors de leurs conversations téléphoniques. Le titre même du film (Folamour ou « Strangelove » en VO) renvoie à ces incohérences conceptuelles : la haine du soviétique, la peur constante mais en même temps une certaine amitié et coopération. Peter Sellers effectue une prouesse de jeu en incarnant Mandrake, général britannique et bras droit du général Ripper qui tentera jusqu’au bout de raisonner ce dernier, le président des États-Unis ainsi que le docteur Folamour.