Affiche de Douze hommes en colère

Douze hommes en colère

★★★★★ Incontournable — « À voir absolument, a changé ma vie »
Année
1957
Réalisateur
Sidney Lumet
Genre
Drame
Pays
États-Unis
Scénario
Reginald Rose
Acteurs
Henry Fonda, Lee J. Cobb, Martin Balsam
Vu le
2013-03-09
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Synopsis

Un jury de douze hommes doit statuer sur le sort d’un jeune homme accusé du meurtre de son père. Si le verdict est « coupable », la sentence sera la peine de mort. Un premier vote est organisé : un seul juré vote « non coupable ». Il va tenter de convaincre les onze autres de réexaminer les preuves.

Analyse

Au début du film, personne ne se comprend : chacun parle de sa vie, de ses préoccupations, sans s’intéresser aux autres. Les places numérotées, la parole à tour de rôle, tout cela dessine une fausse communication, un simulacre de dialogue où les mots circulent sans jamais réellement atteindre leur destinataire. C’est précisément contre cette mécanique que le juré n°8 s’inscrit en adoptant une argumentation à la Aristote, procédant par questions et réponses, forçant chacun à confronter ses certitudes aux faits. Il faut attendre une trentaine de minutes pour que naisse un véritable début de conversation et d’intérêt pour l’autre : les excuses échangées, les petits jeux entre jurés créent une atmosphère plus bon enfant qui ouvre la voie à l’écoute. Les passages aux toilettes fonctionnent comme des isoloirs officieux, des apartés où l’on tente de faire changer d’avis son voisin loin du regard collectif. Peu à peu, c’est tout un apprentissage de l’écoute, du respect et des bonnes manières qui s’opère dans cette pièce close. La force du film tient dans cette idée fondamentale : la délibération n’est que parole. Rien d’autre que des mots, des arguments, des silences. Pas d’action spectaculaire, pas de retournement physique, seulement le pouvoir brut du langage et de la rhétorique pour faire basculer une vie. Les jurés, enfin, restent anonymes du début à la fin, réduits à des numéros, ce qui universalise leur propos : ils ne sont plus des individus particuliers mais des incarnations de la société elle-même, contrainte de juger l’un des siens avec pour seule arme la parole.