Affiche de Eyes Wide Shut

Eyes Wide Shut

★★★★★ Incontournable — « À voir absolument, a changé ma vie »
Année
1999
Réalisateur
Stanley Kubrick
Genre
Thriller
Pays
États-Unis
Scénario
D'après Traumnovelle d'Arthur Schnitzler
Acteurs
Tom Cruise, Nicole Kidman
Vu le
2012-09-14
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Synopsis

William Harford, médecin, mène une paisible existence familiale. Jusqu’au jour où sa femme, Alice, lui avoue avoir eu le désir de le tromper quelques mois auparavant.

Analyse

Eyes Wide Shut, « les yeux grands fermés », a suscité de nombreuses polémiques dues à sa volupté et ses nombreuses scènes de nudités. Kubrick lui-même a pourtant indiqué qu’il s’agissait sans doute de son meilleur film peu de temps avant sa mort. Les deux amants William et Alice jouent chacun de leur côté de leur pouvoir de séduction sans jamais aller jusqu’au bout. Sous l’effet du cannabis, la vérité éclate et William Harford apprend que sa femme a failli le quitter pour un inconnu. Le monde de William s’effondre. Appelé pour constater un décès, il se retrouve à errer dans les rues de New-York, confronté successivement à tous les cas de figure de la trahison. La première est la fille du défunt qui lui demande de l’emmener avec elle, exactement comme sa femme l’a fait avec le marine. La deuxième est Domino, une prostituée, chez qui il se rend. Puis il y a la fille probablement mineure du vendeur de déguisements. Enfin, William se retrouve dans une apologie de la sexualité : une orgie ritualisée secrète. Visiblement curieux et maladroit, son identité finit par être découverte et il est ramené de force chez lui, à la réalité. En outre, malgré une progression de la tentation, William reste de marbre comme spectateur d’un rêve dont il aurait perdu le contrôle. Son identité lui échappe peu à peu malgré ses tentatives pour la récupérer en criant à qui veut bien l’entendre son nom ou montrant sa carte de médecin à tout va malgré qu’il finisse finalement masqué et anonyme, libéré de ses inhibitions. Alice en se réveillant raconte un rêve à son mari qui ressemble à s’y méprendre à la nuit d’errance qu’il vient de passer, les deux amants ont à priori vécu la même expérience personnelle et sont de nouveaux prêts à avancer à l’image du « fuck » ultime d’Alice Harford. En définitive, la possibilité même de l’infidélité réelle (le marine) et non plus fictive (la soirée initiale chez Ziegler) n’est pas destructrice pour le couple mais bien ce qui réveille un désir oublié. William ne réussira pas à trouver une vérité exacte et rationnelle à cette soirée onirique dont il n’en a pas besoin car l’histoire n’aura été qu’un prétexte pour réveiller en lui son désir pour sa femme. Les ambiances chromatiques jouent un rôle essentiel dans le fil de la narration : on passe du jaune (le confort et la trahison) au bleu (le doute) puis le rouge (la tentation) et enfin le violet, mélange de bleu et rouge. L’arc-en-ciel, c’est-à-dire la rencontre de toutes les couleurs et donc de toutes les émotions, joue le rôle de leitmotiv : c’est au bout de l’arc-en-ciel que les deux jeunes femmes veulent amener William dans la première soirée et c’est au « Rainbow rental » que William trouve un masque pour l’orgie privée. Il atteint donc le bout de l’arc-en-ciel qui lui permet de réanimer ses émotions primaires refoulées.