Mulholland Drive

★★☆☆☆ Pas fou — « Rien d'extraordinaire, prévisible »
Année
2001
Réalisateur
David Lynch
Genre
Thriller Mystère
Pays
États-Unis, France
Scénario
David Lynch
Acteurs
Naomi Watts, Laura Harring, Justin Theroux
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Synopsis

À Los Angeles, une jeune femme amnésique survit à un accident de voiture sur Mulholland Drive et se réfugie dans un appartement vacant. Elle y est trouvée par Betty, aspirante actrice fraîchement débarquée à Hollywood, pleine d’espoir et de naïveté. Ensemble, elles tentent de percer le mystère de l’identité de l’inconnue, mais la réalité se délite progressivement dans un labyrinthe onirique où rien n’est ce qu’il semble être. Le récit bascule, les identités se confondent, et le rêve hollywoodien se mue en cauchemar.

Analyse

Je l’ai vu deux fois, et je tiens à le dire d’emblée parce que c’est important : la deuxième fois n’a pas changé mon avis, elle l’a confirmé. Mulholland Drive est un film qui se prend au sérieux, et c’est sans doute ce qui me gêne le plus. Il y a une posture dans le cinéma de Lynch — cette façon d’ériger l’opacité en vertu, de confondre l’obscurité avec la profondeur — qui finit par m’agacer plutôt que me fasciner. Je comprends l’attrait : l’atmosphère est indéniablement travaillée, les images sont belles, Naomi Watts est remarquable dans un double rôle qui exige une palette émotionnelle considérable. Ce n’est pas un mauvais film, loin de là.

Mais le twist final me pose un vrai problème. On passe deux heures dans un brouillard narratif total, on accumule les scènes énigmatiques, les séquences qui semblent ne mener nulle part — le Cowboy, le nain derrière le Winkie’s, le réalisateur sous pression — et quand la clé arrive enfin, elle nous demande de tout recoller à l’envers. Le procédé fonctionne une fois, intellectuellement, comme un puzzle qu’on assemble après coup. Mais émotionnellement, la révélation ne m’a pas transporté. C’est un peu facile, au fond : construire un film entier sur l’incompréhension du spectateur pour ensuite révéler que tout était un rêve, une projection, un fantasme de compensation. Le mécanisme est ingénieux, certes, mais il ne suffit pas à créer du sens qui dépasse le simple exercice formel.

La deuxième fois, j’ai ressenti exactement ce paradoxe : je me souvenais du film sans rien y comprendre, et quand la fin est revenue, ça a fait « ah oui, c’est ça » — pas un éblouissement, pas une redécouverte, juste une confirmation que le tour de magie, une fois qu’on connaît le truc, n’impressionne plus. Je salue l’effort, la construction, l’ambition d’un cinéaste qui refuse les conventions narratives. Mais Lynch divise, c’est un fait, et je me retrouve honnêtement du côté de ceux qui reconnaissent le talent sans crier au chef-d’œuvre. Un bon film, un exercice de style remarquable, mais pas l’expérience transcendante qu’on m’avait promise.