Pulp Fiction

★★★☆☆ Bon moment — « Agréable, facile à regarder »
Année
1994
Réalisateur
Quentin Tarantino
Genre
Crime Thriller
Pays
États-Unis
Scénario
Quentin Tarantino, Roger Avary
Acteurs
John Travolta, Uma Thurman, Samuel L. Jackson, Bruce Willis
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Synopsis

Los Angeles. Les destins de plusieurs personnages du milieu criminel s’entrelacent dans un récit délibérément non chronologique. Deux tueurs à gages philosophes, Vincent Vega et Jules Winnfield, exécutent les contrats de leur patron Marsellus Wallace tout en débattant de hamburgers et de massages de pieds. La femme de Marsellus frôle la mort lors d’une soirée qui dérape. Un boxeur en fuite tente de récupérer une montre héritée de son père. Un couple de braqueurs amateurs s’attaque au mauvais restaurant. Leurs histoires se croisent au fil de situations oscillant entre le banal et le surréaliste, entre violence soudaine et dialogues interminables sur des sujets parfaitement dérisoires.

Analyse

Je vais être honnête : Pulp Fiction me semble un peu surévalué. Il y a autour de Tarantino une aura, un crédit qu’on lui accorde avant même qu’il n’ait posé sa caméra, et ce film en bénéficie pleinement. On sent la filiation directe avec Reservoir Dogs — cette même structure chorale, ces personnages hauts en couleur qui se croisent et s’entrechoquent, cette fascination pour les figures du milieu avec leurs noms de code et leurs codes d’honneur absurdes. Mais là où Reservoir Dogs avait la tension d’un huis clos, Pulp Fiction s’éparpille, et derrière le spectacle, je trouve que le fond manque.

Ce n’est pas que le film soit mauvais — il est indéniablement efficace. Les scènes cultes sont cultes pour de bonnes raisons. L’overdose de Mia Wallace, avec cette seringue d’adrénaline plantée en plein cœur, est d’une intensité folle. Le meurtre accidentel de Marvin dans la voiture est un moment de génie comique noir. La récitation d’Ezekiel 25:17 par Samuel L. Jackson a une puissance quasi biblique. Et le monologue de la montre, raconté par Christopher Walken avec un sérieux imperturbable, illustre parfaitement la marque de fabrique de Tarantino : prendre quelque chose de solennel, de chargé d’émotion et d’histoire, et le détourner vers le loufoque, l’inattendu, l’absurde. C’est brillant sur le plan du pur spectacle.

Mais justement, c’est du spectacle. Tarantino adore ses personnages, adore les faire parler, adore les plonger dans des situations improbables — et cette jubilation est contagieuse, je ne le nie pas. Seulement, une fois la projection terminée, que reste-t-il ? Un sentiment de chaos maîtrisé, certes, mais aussi un vide. Le film est trop occupé à être cool pour se poser et dire quelque chose de profond. Je sens pourtant qu’il y a peut-être davantage sous la surface — cette structure non linéaire, ces thèmes de rédemption qui affleurent dans l’arc de Jules, cette réflexion sur le hasard et le destin. C’est un film que je devrais sans doute revoir avec un œil plus analytique, en mettant de côté le bruit et la fureur pour chercher ce qui se cache en dessous. Mais en l’état, il me laisse un goût d’inachevé : celui d’un cinéaste immensément talentueux qui préfère éblouir plutôt qu’émouvoir.