The Social Network
Synopsis
En 2003, Mark Zuckerberg, étudiant brillant mais socialement maladroit à Harvard, crée un site de notation des étudiantes après une rupture humiliante. L’idée évolue vers Facebook, qui devient un phénomène mondial en quelques mois à peine. Mais le succès fulgurant engendre trahisons et procès : son meilleur ami Eduardo Saverin, évincé de l’entreprise, et les jumeaux Winklevoss, qui l’accusent de vol d’idée, le traînent devant les tribunaux. Le récit, structuré autour de ces dépositions, révèle le prix humain de l’ambition et la solitude de celui qui connecte le monde entier.
Analyse
J’ai vu The Social Network il y a longtemps, et j’en garde un bon souvenir — mais justement, un souvenir, pas une empreinte. C’est un film que j’ai apprécié sur le moment, qui m’a intéressé, informé, parfois captivé, sans pour autant me marquer durablement. Il y a évidemment un intérêt documentaire indéniable à comprendre les coulisses de la création de Facebook, à plonger dans cet univers des startups de la Silicon Valley où des gamins en sweat à capuche réinventent le monde depuis leurs chambres de résidence universitaire, où les millions tombent avant même que quiconque ait compris ce qui se passait. Sorkin écrit des dialogues brillants, Eisenberg incarne un Zuckerberg fascinant dans sa froideur quasi autistique, et Fincher emballe le tout avec son professionnalisme habituel — la bande-son de Trent Reznor et Atticus Ross est remarquable, la reconstitution de Harvard impeccable, le montage entre les temporalités fluide et maîtrisé.
Mais voilà : ça ne m’a pas marqué. C’est difficile à expliquer parce que toutes les pièces sont là, tout fonctionne, rien ne cloche — et pourtant le film glisse sans accrocher. Peut-être est-ce parce qu’il reste fondamentalement un film sur des gens qui se disputent de l’argent et de la propriété intellectuelle, et que malgré tout le talent déployé pour en faire une tragédie shakespearienne, ça reste une histoire de contrats et d’avocats. Un Fincher solide, assurément, mais mineur dans sa filmographie — un film qui informe plus qu’il ne transforme, qui documente plus qu’il ne hante. Il mériterait peut-être un revisionnage pour voir si le temps lui a donné une résonance que je n’avais pas perçue à l’époque, maintenant que Facebook est devenu ce qu’il est devenu.